Le 23 avril 1656, une délibération des édiles montre la nécessité de l’ouverture d’une porte au sud-est pour « la commodité des habitants ». Pour mettre en chantier ce nouveau projet, il fallait l’autorisation du seigneur, l’abbé de St-Victor de Marseille, qui était alors le cardinal Mazarin. L’autorisation est donnée par Pierre de Porrade, vicaire général de l’abbaye, en novembre de l’année suivante, au nom du cardinal Mazarin (Photo 1), à l’origine du nom donné à cette porte. Il faut dire que le lieu choisit était déjà royalement célèbre, puisqu’une maison toute proche avait accueilli Charles IX et sa suite, 92 ans plus tôt.
1564, la Régente Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, décide de réaliser un tour de France afin de présenter le jeune roi Charles IX à ses sujets. Le voyage va durer 28 mois. Aux côtés de Charles IX, son jeune frère, le futur Henri III et ses cousins Henri de Navarre, le futur Henri IV et le duc de Guise, sont aussi de l’aventure (Photo 1 bis). La cour arrive en Provence à l’automne 1564. A Hyères, les enfants royaux découvrent avec émerveillement les vergers d’orangers et leur odeur si puissante. La campagne était parée d’arbres exotiques, palmiers, poivriers, eucalyptus… Le 4 novembre, le roi part de Toulon pour se rendre à Marseille. Il arrive à La Cadière par les gorges d’Ollioules. Il semblerait qu’il ait passé la nuit dans une maison proche de l’actuelle porte Mazarine. Le lendemain, au repas de midi, avant de reprendre la route vers Aubagne, on lui sert un copieux repas avec « un sanglier et bon nombre de lièvres et de lapins ».
Pour l’anecdote, la communauté a préparé deux requêtes à présenter à roi. L’une demandait que le village soit exempté de l’obligation de loger les militaires de passage et l’autre visait à obtenir l’autorisation de tenir deux foires pan an, à la St-André et à la St-Jean-Baptiste, ainsi qu’un marché hebdomadaire chaque samedi. Le roi rejeta la première et accepta la seconde.
La-cadiere - sommaire 2 - La rue Paradis
Ce nom de « paradis » était autrefois donné à des petits jardins bien exposés (en provençal : pitchoun paradis) comme ceux des maisons qui longent la rue au-dessus de l’ancien rempart. Cependant, le terme « paradis » était aussi le nom donné aux lieux de sépultures des premiers chrétiens jusqu’au XIIe siècle. Ce nom pourrait donc évoquer le premier cimetière du castrum. A son extrémité se trouvait une maison sur portique. Au cours du XXe siècle, des habitations vétustes ont été démolies afin de donner à la rue un aspect plus aéré.
Le versant sud du rocher était donc le cadre idéal pour y établir des jardins potagers. On y cultivait l’artichaut, le cardon, le cèleri, les laitues, les chicorées, le salsifis, le scorsonère, l’ail, l’oignon (Photo 1), le concombre, la tomate, les carottes (photo 2), les raves, les navets, l’asperge… Il y a peu de contrées en France où la population consommait plus de légumes frais qu’en Provence.
Les terres étaient tenues par les anciens, écartés du travail des champs ou des vergers par l’avancée dans l’âge. Les hommes n’y allaient que très rarement, pour les travaux pénibles comme le labour en période hivernale. C’était aussi l’époque où il convenait de fumer la terre avec le crottin de cheval ainsi que les cendres des poêles et des cheminées.
Le potager se devait d’être impeccablement entretenu. C’était une question de prestige et celui-ci se mesurait au brin d’herbe qui dépasse. La pauvreté n’empêchait pas la fierté, bien au contraire, elle la sublimait. Le travail fait à moitié était toujours source de critiques et moqueries. Alors, toute la famille s’y mettait pour faire du jardin un exemple. Toujours le dos courbé, il fallait retirer les pierres, les racines et les souches, et cela à chaque labour. Nettoyer toute la surface en culture des résidus de la culture précédente tels les fanes de pommes de terre, les tiges des haricots ou le feuillage des légumes. Après ça, il s’agissait d’améliorer la qualité de la terre en y incorporant de la mousse de tourbe, qui en se décomposant, donnait un beau lit de terre noire. Elle aidait les sols à conserver l'eau. Cette eau si précieuse. L’odeur qui se dégageait à chaque coup de bêche était chargée de senteurs indéfinissables, qui rappelaient à chacun que le destin de l’homme est intimement lié à la terre.
Les produits étaient consommés, soit crus, soit cuisinés assez longuement, bouillis à l’eau, revenus à l’huile, en beignets, farcis ou gratinés. Il est à noter que ces plats longuement cuisinés étaient souvent mangés froids, comme la soupe au pistou, les farcis, la ratatouille, les omelettes, les pommes de terre.
Dans tous les potagers, on trouvait çà et là des rangées ou des bouquets de fleurs. C’était une pratique ancestrale que l’on nommait le compagnonnage. Certaines plantes éloignaient des insectes spécifiques et des mauvaises herbes autour d'elles. D’autres protégeaient des intempéries. L’anis éloignait les pucerons, le fenouil faisait fuir les araignées rouges, le romarin incommodait les mouches, sans parler de l’ail qui figurait en tête de la consommation en toutes saisons. Dans la vallée, il trouvait le climat idéal à son épanouissement et surtout le calcaire qui le rendait plus fort et savoureusement piquant. Les gens des campagnes comme ceux des cités en étaient très friands. Il s‘en servaient dans leur alimentation quotidienne, mais aussi comme médicament. D’ailleurs dans les villes, les jardins étaient surtout cultivés par les moines, les médecins et les apothicaires.
La-cadiere - sommaire 1 - La porte Mazarine 3 - La porte St-Jean
La porte St-Jean est la plus ancienne des trois. Elle a été baptisée du nom symbolique de l’ancienne paroisse. Les moellons bossage présents sur sa paroi intérieure sont des vestiges de la porte du XIIIe. Elle a été transformée pendant la première moitié du XVIe et garde de son aspect défensif par la cavité du passage de la herse. En 1561, la municipalité commande « 2 portes bonnes et fortes au meilleur prix ». Il s’agit des deux battants de la belle porte cloutée que l’on voit encore aujourd’hui. Des vestiges de plus de 450 ans. Les portes des castrums ont joué un rôle important dans le quotidien des gens. Le Moyen-âge (du Ve au XIVe) était une période très agitée : invasions, brigandages, guerres, pillages, épidémies se succédaient à un rythme impressionnant.
Les portes étaient soigneusement fermées à la tombée de la nuit jusqu’aux premières lueurs du jour. La plaine était observée de part et d’autre, côté rocher, côté remparts, par des volontaires placés sous la houlette d’un « capitaine » qui n’avait de militaire que le nom. A partir de 1592, date à laquelle La Cadière a été assiégée, un « portanier » a été chargé de l’ouverture et la fermeture des trois portes par des barres de fer.
La-cadiere - sommaire 2 - La rue Paradis 4 - La place des bergers
La Cadière n’a jamais été un village centré sur l’élevage. Si les familles possédaient des animaux domestiques c’était essentiellement pour le travail des champs et le transport (bœufs, mules, ânes…). Cependant, quelques bergeries sont à signaler. En 1607, la commune en possédait une au « Jas vieux de la ville ». En ruine depuis la Révolution, elle a été remplacée par une autre du même nom, d’une superficie de 4 000 m², située plus au nord. Dans la vie du berger et de son troupeau, il était une étape annuelle importante, celle de la transhumance, c’est-à-dire le déplacement estival de tout ce petit monde à la montagne pour faire profiter les bêtes des tendres pâturages alpins. Cela dit, l’homme aussi y trouvait son compte avec une immense sensation de liberté.
Les routes sont bien connues. Les ancêtres ont laissé des colonnes de pierres pour indiquer le chemin. Pendant des siècles, les pavés crayonneux ont été foulés par des millions de bêtes, d’hommes, de chiens et de charrettes. Pour que tout se fasse avec économie et régularité, plusieurs particuliers réunissaient leurs troupeaux, tous marqués au crayon gras. Ces associations se composent de dix à vingt mille bêtes, suivant l’étendue des pâturages, dont elles en sont assurées d’avance.
Le convoyeur de troupeaux doit à la fois soigner, faire profiter les animaux qui lui sont confiés, les garder et les surveiller pour limiter les pertes (chutes, maladies, accidents divers). Il est aussi responsable des lieux qu’il occupe, il doit entretenir l’estive, voire même l’améliorer par des rotations de pacage, par des déplacements calculés et tenter une gestion en accord avec l’écosystème.
Le berger est assisté dans ses travaux par un ou plusieurs chiens. Il y a ceux destiné au travail, deux races prépondérantes : le berger Labrit et le Border Collie. Ceux qui ont en charge la garde, les Montagnes des Pyrénées dit « Patou », sont une arme redoutable contre les loups. La plupart du temps, le berger les dresse lui-même, ce qui nécessite une bonne compréhension du comportement des brebis et du chien.
L’un des bayles est élu pour assumer la direction générale du déplacement. Il est aussi garant des finances. Une responsabilité qu’il délègue à un Escrivan chargé de tenir les écritures et le porte-monnaie. L’Escrivan est aussi en quelque sorte l’ambassadeur du cortège. Il se rend auprès des propriétaires terriens chez qui va se faire la couchée du soir. Ensemble, ils déterminent les mesures à prendre pour limiter les dégâts et par la suite, ils règlent les indemnités en cas de désordres ou de nuisances.
Avant le départ du matin, les propriétaires viennent percevoir leur loyer, une portion de lait de brebis qu’ils transforment aussitôt en fromages. Ils profitent également du crottin qui demeure sur la prairie. Les bergers, quant à eux, reçoivent un peu de vin bien apprécié durant l’étape suivante. Le déjeuner reste très uniforme. Il se compose de tartines grillées, d’une omelette au lard ou au jambon et de fruits ramassés durant le voyage. Par temps de pluie, ils se régalent d’une fricassée d’escargots après quelques jours de jeune.
Les hommes jouissent en général d’une bonne santé. Ils sont jeunes et vigoureux, leur peau est tannée par un soleil de plomb. Le visage déjà quadrillé de rides, manifestation de la rudesse des épreuves qu’ils doivent surmonter. Rarement malades, malgré des conditions alimentaires et d’hygiène précaires, ils souffrent cependant d’inflammations de poitrine, parfois mortelles.
Au fil des semaines, les troupeaux montent de plus en plus haut dans les alpages, jusqu’à 2500 mètres. La montagne est alors presque nue, les abris se situent dans la roche. Ils changent de site trois ou quatre fois, puis se préparent à redescendre. Vers la fin septembre, la transhumance s’inverse. C’est le grand retour, les premières neiges touchent les sommets.
La-cadiere - sommaire 3 - La porte St-Jean 5 - La porte de la Colle
Les portes des villes et les remparts servaient de protection contre le brigandage et autres pillages très répandus depuis l’Antiquité. Elles avaient aussi la tâche de tenir à l’écart les maladies de toutes sortes, peste, choléra, lèpre, vérole… L’hygiène rudimentaire favorisait la propagation. Hélas, parfois la présence des portes et des murs d’enceinte ne suffisait pas. Les informations circulaient difficilement et quand on l’annonçait, elle était souvent déjà là. Ainsi en 1507, 140 personnes sont mortes à La Cadière en moins d’un mois. En revanche, l’une des plus meurtrières (outre la peste noire qui a sévit en Europe entre 1347 et 1352), la grande peste de 1720 a épargné le village grâce à la fermeture préventive des portes, une vigilance accrue aux remparts et les précautions d’usage.
Tous les échanges, tous les rassemblements d’origine commerciale ou festive étaient interdits. On nommait des « Intendants de santé » auxquels étaient confiée la protection sanitaire. Lorsque l’obstacle constitué par les portes paraissait insuffisant, on montait des murs, des barricades aux limites du bourg. Tout étranger était soumis à une quarantaine située au quartier d’Allon. Les épidémies avaient également un effet dramatique sur les finances publiques. Il fallait assurer le ravitaillement des populations les plus modestes. Le prix du blé grimpait en flèche. De plus, l’interruption des échanges pénalisait lourdement le commerce local. Les épidémies venaient s’ajouter aux nombreux fléaux qui touchaient les populations de plein fouet comme les guerres, le brigandage, les impôts, la rage, les catastrophes climatiques et les famines qui en découlaient. Un quotidien rude, une mortalité infantile très élevée et une espérance de vie très brève (14 ans au Moyen-âge, 19 ans au XVe siècle, 26 ans au XVIIe, 40 ans au XIXe)
La-cadiere - sommaire 4 - La place des bergers 6 - La rue du Grand Four
vures qui fournissaient la matière première aux moulins à farine. Les paysans pratiquaient l’assolement triennal : la première année avec du blé d’hiver, la deuxième année, du blé de printemps et la troisième année, la jachère (repos des sols). Coupées à l'aide d'une faucille, les céréales étaient ensuite rassemblées en fagots, avant d'être battues pour récupérer les grains. Chaque commune possédait une ou plusieurs aires de battage à l’abri du vent.
Les deux moulins à vent les plus anciens sont situés au nord-est, naturellement exposés au Mistral. Le moulin « Plus loin de ville » date de 1547 au quartier du Terrau, son petit frère, le moulin « Plus près de ville » a été bâti l’année suivante. Tous deux ont été vendus en 1592 par la ville afin de s’acquitter d’une rançon due à un mauvais choix au moment des guerres de religions et notamment à l’avènement de Henri IV.
Le moulin de la Font d’Abeille situé sur le parking du même nom date de 1621. Enfin le moulin des Aires au square Mori date de 1762 et celui de St-Eloi, avenue Magloire Giraud date de 1790. Il n’en demeure plus que la base de sa tour.
Le moulin de la Roque, sans doute le plus ancien (XIIe siècle) et le plus important, était situé à l’emplacement de la coopérative vinicole. Le grand moulin de la Serre jadis situé sur la D82 en direction de Bandol. En 1950, il est transformé en moulin à huile et distillerie. Le petit moulin de la Serre situé 200 mètres en aval du précédent a été détruit lors de la construction de l’autoroute en 1974. Enfin, le moulin de St-Côme (cadastré en 1830) au quartier du même nom a, lui aussi, disparu.
La-cadiere - sommaire 5 - La porte de la Colle 7 - La place des Consuls
Le Moyen-âge apporte peu de précision sur la gestion des villages. Ceux-ci dépendaient du Seigneur. Le quotidien des édiles consistait à une succession de tractations avec le seigneur pour obtenir telle ou telle faveur. Les Consulats ont été créés en Provence par Raymond Béranger (1209-1245), d’abord dans les grandes villes, puis dans les villages. Déjà à la fin du XIIIe, la toute-puissance des Seigneurs commence à se réduire au bénéfice des consulats (Moins de redevances, moins de corvées et de prestations diverses, possibilité de lever des impôts). Les institutions locales se mettent en place avec la nomination de procureurs (ou syndics) temporaires (ou permanents) destinés à régler une affaire précise, de trésoriers, de capitaines qui géraient la tenue d’une grande fête ou qui étaient chargés de mettre en place la défense du village face à une attaque ou une épidémie, de maîtres d’école, les valets de ville, les gardes-champêtres (Notre photo). A La Cadière, les exemples ne manquent pas avec la nomination de syndic au moment de la captation de l’eau pour les réservoirs, la construction des moulins, la grande peste de 1720, le siège de 1592, etc…
Même si l’on ne peut pas parler de « conseil municipal » avant 1789, il serait faux de croire que les villages provençaux étaient peu ou pas organisés. Durant l’Ancien Régime (1515-1789), le plus petit niveau de l’administration était la paroisse (60 000 en France). A partir de 1539, l’Edit de Villers-Cotterêts donne aux prêtre la charge de tenir les registres. Les consulats demeurent avec des pouvoirs bien définis (juridiques, fiscaux, défensifs et policiers). Les consuls étaient élus par le suffrage de tous les habitants. Seuls les chefs de famille étaient électeurs, y compris les femmes lorsqu'elles étaient veuves ou marchandes publiques en leur nom propre. La durée du mandat des consuls était généralement d'un an.
Le 14 décembre 1789, l’assemblée vote une loi créant les communes (41 000). A partir de là, ce sont les maires et les conseillers municipaux qui gèrent le village.
Avec son tambour et ses baguettes, le garde-champêtre traverse toutes les rues du village et les fermes éloignées pour clamer les annonces de la communauté dans une espèce de dialecte qui mélange le français, le provençal et probablement un peu de piémontais. Son message achevé, il redresse son képi, pousse son tambour vers l’arrière et reprend sa marche jusqu’au soir.
Dans l'exercice de ses fonctions, le garde-champêtre porte « toutes sortes d'armes jugées nécessaires : un sabre ou une pique, et non un fusil, de peur qu'ils n'en abusent pour la chasse ». Il arbore sur le bras une plaque de métal ou d'étoffe où sont inscrits le nom de la municipalité aux côtés du sien. Il est âgé d'au moins 25 ans et reconnus comme ayant de bonnes mœurs. Ils déposent leur rapport devant le juge de paix de leur canton ou l'un de ses assesseurs.
L’instituteur est nommé par une délibération du Conseil Municipal qui en précise les conditions (Voir plaque de la rue des Anciennes Ecoles). Il reçoit, annuellement, de la commune un traitement fixe et loge dans la mairie (ou dans l’école même), un local simple composé d'une cuisine et d'une chambre. On lui accorde également la jouissance d'un jardin tout proche. Outre cette tâche, il doit remplir les fonctions de secrétaire de mairie. Malgré toutes ses fonctions secondaires, l’instituteur a l’obligation d’ouvrir la salle d’école dix mois par an. Août et septembre sont des mois de vacances. La note du conseil municipal précise qu’il « doit toujours se tenir propre car il faut qu’il en impose aux yeux ».
De ce fait, il est souvent très bien inséré dans la vie sociale du village. Tout le monde un jour ou l'autre a besoin de ses services. Souvent, il passe toute sa carrière dans le même poste, se marie et fonde une famille. L’homme est accepté, même si la plupart du temps, il vient de la ville. Il arrive que, une fois sa carrière terminée, il devienne maire du pays. Il instruit plusieurs générations, il est généralement aimé et respecté.
Il fallait un homme de confiance pour occuper ce poste. Il était logé à l'hôtel de ville et recevait, tous les trois ans, une tenue composée d'un manteau, d'un habit de drap, d'un chapeau brodé d'un galon d'argent (signe de sa fonction) et d'une paire de chaussures. Ses tâches étaient multiples : annoncer les réunions du conseil et les messages de l'administration, entretien de l’horloge, garde des balances chez les commerçants pour éviter les fraudes, ou encore gardien du bâtiment de la mairie.
A partir du XVIe siècle, les communes comme La Cadière qui souhaitent développer le commerce, décide de créer le poste de “piéton”, c'est à dire messager à pied, dans le but de favoriser le développement du commerce. Jusqu'alors, la lenteur du courrier entraînait des difficultés dans les commandes de matières premières ou de produits finis. Le piéton était un messager choisi naturellement en fonction de son physique et de son endurance. Il n'était pas rare qu'il se rende régulièrement à La Ciotat, à La Seyne ou à Toulon.
La-cadiere - sommaire 6 - La rue du Grand Four 8 - Les anciens remparts
Le village de La Cadière s’est formé au cours de la première moitié du XIe siècle sous le nom de Villa Cathedra, il y a donc 1 000 ans. La charte 78 du cartulaire de Saint-Victor publiée en 1048 évoque un regroupement des hommes, femmes, animaux et affaires qui leur appartiennent. Il est permis de se demander si ce regroupement n’est pas l’expression écrite de l’aboutissement du phénomène appel » « incastellamento ». La question se pose du cœur de cette villa. Était-ce un prieuré ou un château ? Vers la fin du XIe siècle, le terme « castrum » remplace celui de « villa », ce qui indique un village fortifié.
L’existence des fortifications n’est plus à prouver, c’est le cas de tous les villages de Provence dont l’origine remonte aussi loin. La tradition orale le situe naturellement au sommet du promontoire sur l’emplacement de la chapelle Ste-Marguerite bâtie au XVIe siècle. Ce qui laisse entendre que le château était donc détruit à cette époque. Une charte indique sa construction vers 1160, ainsi que le nom de son occupant Pierre Gaufredy, membre de la famille des vicomtes de Marseille.
On dénombre deux enceintes dont les vestiges sont présents de nos jours. La première longeait la rue du Jeu de Paume (Photo 1) et protégeait la partie du village le plus ancienne. On distingue des murs aux pierres érodées par les éléments et le temps, des archères pour se défendre en toute sécurité. Ces remparts complétaient la défense naturelle formée par la barre rocheuse au nord. Une seconde enceinte longeait l’avenue des Anciennes Ecoles, la rue Max Dormoy et l’avenue Gabriel Péri (Photo 2). Enceinte qui abrite les trois portes du village.
La-cadiere - sommaire 7 - La place des Consuls 9 - L’hôpital
Très tôt La Cadière a possédé un hôpital (Ste-Marthe ou Hôtel Dieu). Au départ, cet hôpital n’avait pas la vocation médicale rattachée aujourd’hui à ce nom. Il s’agissait plus d’hospitalité que de soins apportés aux indigents et autres mendiants locaux (Pain, eau et un abri). Au XVIe, il existait déjà depuis longtemps comme en témoigne les premiers comptes-rendus municipaux. Il était naturellement entouré d’un cimetière. Au Moyen-âge, la médecine était réduite à la pratique de la saignée et à quelques potions à base de plantes sans doute sans effet. Avec un peu de chance, les malades les plus robustes guérissaient, les autres...
L’hôpital de La Cadière était financé par la Communauté mais aussi par de nombreux legs et dons de particuliers. Par exemple, en 1726, l’abbé de St-Victor à Marseille alloua 400 livres pour l’achat de 4 lits garnis et 200 livres pour le « soulagement des malades ». Les dons servaient aux pensionnaires, tandis que le bâtiment se délabrait année après année. Les petites réparations successives ne suffisaient pas à consolider la structure. La compassion envers les nécessiteux s’arrêtait aux limites communales et s’accompagnait d’une grande méfiance envers les inconnus. Ceux-là ne franchissaient pas les portes de la ville. Il existait cependant une autre catégorie de population secourue par la communauté, les Cadériens capturés en mer et devenus esclaves des barbaresques. Cette situation devait être fréquente puisqu’un ordre religieux avait pour mission leur rachat, celui des Trinitaires (Photo 2). En 1666, la Communauté racheta un esclave pour 175 livres et emprunta 2400 livres, quelques mois plus tard pour 4 autres. Les esclaves libérés étaient tenus de rembourser la somme quand ils le pouvaient.
La-cadiere - sommaire 8 - Les anciens remparts 10 - La rue des Anciennes Ecoles
Lorsque les premiers comptes-rendus des conseils municipaux ont été rédigés, dans la première moitié du XVIe siècle, l’école existait déjà à La Cadière. Elle se tenait jusqu’en 1551 dans la maison de le Confrérie du Saint-Esprit située sur la rue Paradis. Puis, elle s’est installée brièvement dans le Tour de l’Horloge, avant de retrouver la maison Saint-Esprit. La Communauté assurait elle-même le recrutement des maîtres (Photo 1). Pour départager les candidats on procédait à « la dispute », sorte de compétition qui avait lieu dans l’église. C’était un évènement important qui demandait la présence des personnalités influentes du village. Au cours du XVIIe siècle, les gages d’un maître d’école était de 75 livres annuelles. En 1690, elles ont été portées à 120 livres. Une importante augmentation due à l’absence de candidat.
Au XVe siècle les horaires étaient les suivants : du 29 septembre à Pâques, de 6 heures à 10 heures et de 1 heure à 5 heures. Le reste du temps, de 7 heures à 10 heures et de 1 heure à 4 heures (Vacances en août et septembre). Ces horaires peuvent paraître chargées, cependant il y avait plusieurs niveaux car les élèves étaient de tous âges. Un enfant n’assistait pas à tous les cours de la semaine. Pour les fils et filles de paysans, le travail à la ferme passait avant les études.
Avec Louis-Philippe (1830-1848) chaque commune de France a eu l’obligation de créer une « Ecole d’Instruction Primaire Elémentaire Publique ». La Cadière loua des appartements rue Grande (rue Max Dormoy). L’école comprenait une grande salle avec une alcôve, une cuisine spacieuse et une chambre. Le traitement de l’institution était de 300 francs annuels. Il recevait en plus une rétribution pour chaque élève. 1,50 fr par mois pour les plus jeunes qui étudiaient la morale, la lecture et l’écriture et 3 fr par mois pour les plus grands avec au programme les éléments de la langue française, du calcul et le système légal des poids et des mesures.
En 1839, la ville achète pour 1 100 fr la maison en face de vous, dans le but d’y établir l’école communale et le logement de l’instituteur. Cette école a été en fonction durant un demi-siècle. Elle a été vendue en 1891 pour la construction du nouveau groupe scolaire, sous l’impulsion de la loi Jules-Ferry et qui est toujours en fonction aujourd’hui.
La-cadiere - sommaire 9 - L’hôpital 11 - L’église St-André
L’existence d’une église à La Cadière est mentionnée dans un document du XIIe siècle. Elle est citée pour la première fois en 1361 sous le nom de St-André. Au début du XVIe siècle, elle tombe en ruine. Devenue trop petite pour recevoir tous les fidèles, elle est entièrement reconstruite sur le même emplacement à partir de 1508. Une deuxième cloche est posée en 1541. S’en suivent différentes réparations (toiture, vitraux, bancs…) et constructions (tombes des prêtres, ouverture d’une porte, escalier…).
En 1740, elle est agrandie sur l’emplacement d’une ancienne citerne et d’un magasin. A l’époque révolutionnaire, l’église est devenue un temple de la déesse Raison, destiné à rassembler tous les peuples sous la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » et de revenir aux principes fondamentaux de la république romaine. Peu de temps après, sous le premier Empire, à partir de 1804, l’église est rendue au culte chrétien. Un nouveau clocher est construit en 1864 grâce à un don de 18 000 francs. L’ancien s’effondrera en 1875, après des pluies torrentielles.
La-cadiere - sommaire 10 - La rue des Anciennes Ecoles 12 - La tour de l’horloge
Jusqu’au XXe siècle, le monde paysan vivait au rythme du soleil et des saisons. Les registres d’état civil révèlent que nombreux étaient ceux qui ignoraient l’année de leur naissance et mourraient sans que l’on connaisse exactement leur âge. Les cloches de l’église signalaient les principales divisions de la journée qui commençait par la messe de l’aube. Avant le XVIe siècle, La Cadière possédait une « montre solaire » installée au-dessus de la porte St-Jean.
Dès 1540, le conseil est conscient de la nécessité d’installer une horloge moderne avec sa cloche. Cependant, elle ne verra le jour qu’en 1585 sous la main experte de Jean Giraud, pour 17 écus d’or. Le problème se pose alors du choix de l’emplacement afin qu’elle soit visible du plus grand nombre. C’est ainsi que l’on choisit de bâtir une tour en dehors des remparts. En moins d’un an, la tour était construite et l’horloge placée. Un an auparavant, le conseil a passé commande d’une cloche de 10 quintaux à Jean Ardisson, fondeur pour le roi à Marseille. Un mois plus tard, elle débarque au port des Lecques sur le bateau d’un certain Jacques Rodin. Le fondeur a fait le déplacement à cheval de Marseille pour venir l’installer.
L’entretien de l’horloge était assuré par le valet de ville (appelé aussi « Soldat de la commune" il était chargé, entre autres, d'appliquer les ordonnances et les mesures que prenait le conseil). La Communauté sera toujours soucieuse de son bon fonctionnement, tant elle était devenue indispensable aux habitants, notamment aux travailleurs des champs.
La-cadiere - sommaire 11 - L’église St-André 13 - La rue Auguste Charlois
Auguste Honoré Pierre Charlois naît le 26 novembre 1864 à La Cadière-d’Azur. Après des études secondaires à l’Institution des Frères de la Doctrine chrétienne à Marseille, il entre à l’âge de 16 ans à l’Observatoire de Nice pour y assister Henri Perrotin, son premier directeur. En 1882, il accompagne Louis Thollon à Avila en Espagne pour observer le transit Vénus.
On lui confia la recherche de ce qu’on appelait alors les petites planètes (astéroïdes). Entre 1887 et 1904, Charlois découvrit 99 nouveaux astéroïdes, dont 27 par observation directe. Cette technique consistait à comparer de manière visuelle des champs stellaires afin d’y détecter la présence d’astres mobiles. Elle nécessitait une grande expérience de la part des observateurs et de très nombreuses heures d’observation.
Le 17 octobre 1892, le directeur de l’Observatoire, Perrotin, annonce la découverte par Charlois de 3 nouvelles petites planètes, accompagnées de 8 anciennes. Ces découvertes contribuèrent en grande partie à la réputation de l’Observatoire de Nice à ses débuts. L’astronome réalisa également des milliers d’observations équatoriales, calcula les éléments orbitaux de 16 comètes, d’une centaine d’astéroïdes et mesura 338 étoiles doubles.
Le grand mérite d’Auguste Charlois a été reconnu par l’Académie des Sciences de Paris qui lui octroya en 1889 le prix Valz, quelques années plus tard celle de Washington le récompensait pour avoir retrouvé l’astéroïde Andromaque découvert jadis par James Watson. La Société astronomique de France lui décerna le prix Janssen en 1899 pour ses travaux sur les petites planètes.
Mr. et Mme Charlois résidait sur la colline du mont Gros au-dessus de Nice depuis la fondation de l’Observatoire. Malgré l’agrément de cette habitation, la solitude du mont Gros pesait quelques fois à l’astronome et sa femme qui venaient passer à Nice les weekends et jours fériés dans un petit appartement situé au 2 rue Gubernatis, au 3e étage. La famille Charlois avait pour habitude d’y venir le samedi et ne rentrait à l’observatoire que le lundi matin. Le samedi 26 mars 1910, ils quittèrent l’observatoire et rejoignirent leur pied à terre niçois d’où ils devaient repartir le mardi pour profiter des vacances de Pâques à Gênes.
Vers minuit, alors que le couple était couché, un individu s’approcha du domicile de l’astronome et frappa trois coups à la porte. Il cria avec un fort accent provençal : « Monsieur Charlois, monsieur Charlois, un télégramme ! ». Charlois regarda par la fenêtre pour distinguer la silhouette qui l’appelait dans la nuit. Selon une autre version, Melle Derquié, propriétaire d’un logement au 1er étage, se mit à la fenêtre et demanda qui frappait ainsi. « Une dépêche pour Monsieur Charlois » répondit l’inconnu.
Quoiqu’il en soit, l’astronome descendit et, aussitôt qu’il ouvrit la porte, l’individu fit feu avec un revolver. Charlois fut touché en plein cœur. L’autopsie révélera que la balle de 6 mm a traversé le cœur et, après un trajet d’environ 25 cm dans le corps, est venue se loger dans les muscles du dos. L’astronome succomba très peu de temps après son arrivée à l’hôpital St Roch.
Rapidement, les soupçons se sont portés sur le beau-frère de l’astronome, un certain Gabriel Brenguès, médecin de 46 ans exerçant à Nîmes. Les obsèques de Charlois ont eu lieu en son village natal de La Cadière le 31 mars 1910 au matin, devant une assistance nombreuse. Hasard du calendrier, Brenguès a été arrêté le même jour et écroué.
La-cadiere - sommaire 12 - La tour de l’horloge 14 - La rue André Favory
André Favory né en 1888 à Paris est un peintre et illustrateur français. Il suit les cours à l'Académie Julian où il fait la connaissance de Jean Metzinger, André Lhote et Marie Laurencin. Favory peint dans un style cubiste pendant les premières années de sa carrière et commence à exposer ses oeuvres en 1909. Cependant, en 1914, mobilisé, il part pour la guerre. Lorsqu'il expose de nouveau en 1919, l'expérience des tranchées l'a profondément marqué. Sa conception de l'art évolue, il délaisse le cubisme dont il reproche l'intellectualisme et commence à s'intéresser aux portraits et aux modèles féminins nus représentés sous les traits de baigneuses extravagantes aux proportions voluptueuses et sensuelles.
En 1922, il fait de nombreux voyages, notamment en Belgique où il étudie l'œuvre de Pierre Paul Rubens qui exercera sur lui une réelle influence. Il expose régulièrement aux Salons de Paris et de Bruxelles tels que le Salon des Artistes Indépendants, le Salon des Tuileries et est également sociétaire du Salon d'Automne. De plus, dans les années 1920, ses oeuvres sont exposées dans de nombreuses galeries à travers le monde (Paris, Bruxelles, Londres, Amsterdam, New York ou encore Tokyo). Louis Vauxcelles, critique influent de l'époque le considère comme un des maîtres de sa génération. Il meurt en 1937.
La-cadiere - sommaire 13 - La rue Auguste Charlois 15 - La chapelle St-Côme
Les termes Cathedra ou Cadeira, à l’origine du nom de la commune, retrouvés dans des documents très anciens, sont une allusion au siège épiscopal. Depuis la chute de l’empire romain, La Cadière dépendait de l’évêché de Marseille mais aussi de la toute puissante abbaye de St-Victor fondée à Marseille au Ve siècle par Jean Cassien. Il faudra attendre le XIe siècle pour qu’elles soient dissociées. Cette chapelle construite sur les vestiges d’une villae romaine est un bon exemple de la modestie architecturale des édifices de l’Antiquité tardive (fin du IIIe siècle) qui renaissaient autour de l’an 1000 après 5 siècles d’invasions. Les pierres de taille proviennent d’une vaste villae romaine. Le sanctuaire se compose d’un chevet carré et d’une longue nef. Une puissante structure de pierre sépare les deux volumes.
Cette nef est associée à une annexe qui abritait 5 sépultures en pleine terre datées du bas Moyen-âge. L’analyse au Carbone 14 laisse apparaître des ossements animaux et humains datant du XIIIe siècle. Ces tombes, tant par la période qu’elles illustrent que par les questions de rites funéraires qu’elles ont soulevées, soit la présence d’animaux associée à un mobilier généralement absent des tombes de cette époque, constituent une découverte exceptionnelle. Comme pour la chapelle St-Jean toute proche, un ermite y était attaché. Il logeait dans le bâtiment d’origine de la ferme voisine et s’acquittait de ses tâches de surveillance et d’entretien des lieux au frais de la communauté.
La chapelle actuelle mesure intérieurement 4,2m sur 3m, elle correspond en fait au chœur voûté de l'église primitive, chœur fermé vers 1600 pour former cet édifice. Dans ce chœur, des dispositifs liturgiques sont encore visibles. Il s’agit de niches dans les parois pour abriter des missels, des burettes ou des lampes. Des travaux de restauration ont commencé en 1979, une nouvelle cloche a été installée en 2000. Elle a été inscrite comme Monument Historique le 13 avril 1981.
Saint Côme et saint Damien sont deux frères jumeau venus d'Arabie en Cilicie (province romaine du sud de l'Asie Mineure) où leur profession de médecin leur fournit l'occasion d'exercer un véritable apostolat. A travers les corps ils savaient voir les âmes, les toucher, les convertir. La grâce divine est venue relever leur science par le don des guérisons miraculeuses : de toutes parts, on accourait à eux pour obtenir la délivrance des maux les plus incurables. Auprès d'eux, semble-t-il, les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient droit, les sourds entendaient, les estropiés étaient guéris. Tout cela, ils le faisaient par pure charité, ne recevant jamais aucune rétribution. On les avait surnommés anagyres (sans argent).
Lysias, le gouverneur de Cilicie, accusa Côme et Damien de séduire le peuple et de faire déserter les temples des dieux. Le préfet leur infligea une si longue et si rude flagellation, que les bourreaux n'en pouvaient plus de fatigue. L'exécution a eu lieu un 27 septembre 287. Les restes des martyrs ont été enterrés à Cyr en Syrie. Une autre partie des reliques des saints a été transportée à Rome. Le pape Félix III éleva une église en l'honneur des deux martyrs qu'Urbain VIII embellit au XVIIe siècle. Côme et Damien sont considérés comme les saints patrons des médecins et des chirurgiens. Ils sont représentés avec une robe fourrée, un chaperon ou bonnet cylindrique de médecin, une trousse et des instruments de chirurgien.
La-cadiere - sommaire 14 - La rue André Favory 16 - La fontaine St-Jean
La fontaine appelée la Bonnefont, inscrite aux Monuments Historiques le 10 juin 1975, comprend un réservoir situé à 4 mètres de profondeur, alimenté par un aqueduc souterrain qui canalise les eaux de la source du quartier du Défends. Elle est l’une des plus anciennes du département. Une restauration récente par la commune a été à l’origine d’une étude archéologique. Il s’agit d’une fontaine adossée, un concept assez rare, qui se présente sous la forme de cuvette et s’organise autour de la cour centrale. Contre la muraille, à l’est, sont installés les lavoirs. Au nord, vous pouvez admirer quatre beaux mascarons (têtes sculptées) qui datent de 1582, où l’eau s’écoule dans un abreuvoir. Ils sont probablement l’œuvre d’un artisan local. La fontaine actuelle a été conçue par Georges Carillon « Mistre conducteur d’eau » de Marseille. Elle succède à une proto-fontaine dont on trouve trace dans les archives communales en 1480 sous le nom de « Fons St-Jean ». Au cours du XVIIe siècle, divers travaux d’entretien, curages et étanchéité ont été entrepris pour éviter les pertes d’eau, notamment en 1648. Ces travaux d’entretien étaient, la plupart du temps, à la charge des habitants, par l’intermédiaire d’un impôt spécial prélevé à cet effet.
Le site St-Jean a des origines plus anciennes que le village lui-même. Sa raison d’être est agricole. Une terre fertile, une source pérenne, deux éléments essentiels qui ont favorisé l’installation d’une villae romaine c’est-à-dire une exploitation agricole. On peut même se demander s’il ne s’agit pas là du proto-village (le village initial) bâti bien avant celui sur le rocher. En effet, la paix relative qui régnait à cette époque (IIe siècle avant JC), puis la domination romaine ont été de nature à développer ce type de structure destinée à travailler la terre. Des vestiges permettent d’affirmer que le site a été habité jusqu’au VIe ou VIIe siècles. Ce qui correspond aux grandes invasions qui ont amené les habitants à se réfugier sur les hauteurs et à se protéger par des fortifications.
La fouille de cette grande exploitation, a dévoilé une facette du monde rural de la Gaule romaine, avec ses grands propriétaires qui partageaient leur temps entre otium (temps du repos et de l'étude) et negotium (le temps des affaires). Elle s'organise en deux parties : La partie agricole (la pars rustica) comporte les bâtiments agricoles, le logement du régisseur (le vilicus) et les logements des esclaves. La partie résidentielle (la pars urbana) est réservée au dominus (le maître du domaine) et à sa famille.
La-cadiere - sommaire 15 - La chapelle St-Côme 17 - La chapelle St-Jean
La chapelle Ste-Jean date de l’implantation du christianisme en Provence dès le IIe siècle de notre ère. Il se répand rapidement après la conversion de l’empereur Constantin en 313. Elle a été bâtie sur un ancien lieu de culte païen. Pourtant la première mention parvenue jusqu’à nous date du XIVe siècle, dans un testament qui confirme qu’elle était entourée d’un cimetière. La petite chapelle devant vous est le fruit de nombreuses reconstructions. Comme pour les autres édifices, ses restaurations sont venues s’appuyer sur le socle médiéval. Les alcôves latérales existantes dès l’origine, sont des restaurations des XVIIe et XVIIIe siècles. La maison contiguë abritait les ermites, embauchés par les communautés pour veiller sur le bâtiment. L’ermite faisait également office de fossoyeur et fabriquait des croix de bois pour les défunts.